Hackathon 2017 : bilan et perspectives

Le hackathon des 22 et 23 mars derniers est terminé, l’équipe lauréate se doit maintenant de transformer son prototype en plateforme opérationnelle d’ici décembre prochain.

Retour sur un projet :

2011-2012 : la ville de La Rochelle décide d’ouvrir ses données (open data), c’est-à-dire de donner un accès libre à un certain nombre de jeux de données, l’utilisateur se devant uniquement de respecter la licence d’utilisation jointe. Aucun pré-requis d’utilisation n’est exigé.

2016 : après 340 jeux de données ouverts et 2 bilans sur l’open data, la Ville se rend compte que tout le monde n’accède pas de la même façon aux informations contenues dans les jeux de données ouverts. La technicité reste primordiale et tout un pan de la population en est donc exclu par défaut. La Ville demande alors à ses citoyens comment ils souhaitent accéder aux données afin d’organiser un hackathon qui palliera ce problème. Car ce qui nous intéresse en tant que collectivité, ce ne sont pas vos compétences techniques ou votre maîtrise de l’outil informatique, c’est la diversité de vos regards, de vos expériences et de vos besoins. Nul besoin d’être informaticien pour aller sur internet, nulle nécessité d’être développeur pour se sentir concerné par l’ouverture des données publiques. Mais tout le monde doit pouvoir accéder aux données ouvertes.

La représentation graphique est un de ces moyens d’accès utilisés pour permettre d’interpréter, de comparer plus facilement des données numériques statistiques qu’à partir de tableaux.

Elle doit aussi favoriser l’appréhension de l’évolution d’un phénomène, la corrélation de facteurs, la disposition relative des parties d’un ensemble. Elle connaît un grand succès actuellement avec le datajournalism mais également avec l’omniprésence des outils statistiques dans notre quotidien (sondages, rapports et enquêtes, prédictions algorithmiques etc.). Classiquement la représentation graphique prend l’apparence simplifiée de courbes, d’histogrammes, de diagrammes en bâtons, de diagrammes circulaires, d’aires, de nuage de points, de radars. Elle est source d’erreurs d’interprétations, de raccourcis informationnels ou cache parfois l’emploi de méthodes destinées sciemment à tromper leur lecteur.

La lecture d’une représentation graphique, de même que la lecture d’une représentation picturale, est donc une compétence qui s’acquière par un usage/une lecture régulière de graphiques et de tableaux. Ce n’est pas inné ! Mais quelle représentation graphique ou cartographique sera la plus adéquate pour les citoyens de la Ville de La Rochelle ?

19 janvier 2017 : conférence « L’open data, pour qui, pour quoi ? »

Il s’est agi d’une conférence de vulgarisation du concept de « données ouvertes » à destination du grand public, et a intégré une dimension collaborative. Elle s’est déroulée en deux parties :

  • première partie : plutôt informative, elle a permis au public d’appréhender les enjeux de l’open data
  • seconde partie : organisée autour d’ateliers avec le public, elle a abordé les points suivants :
  1. l’adéquation entre les choix d’ouverture des jeux des données et les besoins des citoyens et des réutilisateurs (partir des besoins des acteurs du territoire et non des choix internes de la collectivité),
  2. l’accessibilité et l’ergonomie pour une représentation graphique et cartographique de ces jeux de données.
    Objectifs : identifier les données « utiles » pour les citoyens (pour s’approprier la Ville), pour les réutilisateurs (pour apporter de nouveaux services).

La conférence est en ligne ici et le compte-rendu est disponible là. A partir des contributions recueillies ce soir là, un cahier des charges pour les développeurs a été rédigé. L’apport primordial de ces contributions citoyennes a été la mise en exergue d’une dimension collaborative et d’une dimension d’accessibilité à la donnée.

Retour sur 48h intenses :

21 mars 2017 18h : présentation des équipes, du jury et de l’objectif du hackathon.

22 mars à 8h : le cahier des charges et la grille d’évaluation des prototypes ont été révélés aux 10 équipes de développeurs.

Les voici

Les équipes ont eu jusqu’au jeudi 23 mars 17h pour concevoir un prototype original qui respecte le cahier des charges.

Après brainstormings, coachings, résolution de problèmes techniques, café et discussions, voici le résultat :

 

 

Une nuit plus tard, des heures de brainstorming, de codage, de réflexion et plein d’idées, le moral semble toujours là.

Toutefois quelques écueils se sont faits jour :

  • L’objectif n’est pas de créer une application apportant un nouveau service aux utilisateurs (ex : du stationnement prédictif ou un itinéraire).
  • L’objectif n’est pas non plus de profiler l’utilisateur, ou de remplacer notre site web mais cela peut-être un plus si c’est bien pensé. Ne pas oublier le pourquoi et la cible du projet : cette très bonne idée trouvera sa place dans la future application mobile de la Ville !
  • L’objectif n’est pas de recréer un SIG collaboratif. Tous les utilisateurs ne sont pas férus de cartographie, la lecture de cartes étant une compétence supplémentaire à acquérir.
  • L’objectif n’est pas non plus d’améliorer la technologie sous-jacente à notre plateforme opendata : mais on en prend note pour effectivement améliorer les résultats de recherche par la suite.
  • L’objectif est d’appréhender un prototype global et non de se focaliser sur quelques fonctionnalités. Dommage car certains projets étaient très pertinents et fondés sur l’ergonomie web classique à laquelle est déjà habitué l’utilisateur.

23 mars 17h10 : ça y est, c’est fini. Début des auditions à 17h30.

23 mars 20h : délibérations du jury

M. Fountaine, Maire de La Rochelle et Président de la Communauté d’Agglomération arrive en compagnie de M. Placé, Secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification pour remettre les prix aux équipes lauréates.

A l’unanimité du jury, c’est l’équipe Coustateam qui est désignée lauréate des 20 000 euros. Pourquoi ?

  • Parce que leur projet rencontre parfaitement le cahier des charges
  • parce que leur projet a abordé tous les champs demandés : du back end au front end tout en mettant l’utilisateur au centre de leurs préoccupations.
  • parce que leur projet est faisable dans l’échelle de temps et de prix
  • parce que leur projet est transposable et réutilisable dans toutes les autres collectivités sans nécessiter des pré-requis technologiques importants, ou une maintenance excessive.
  • parce que leur projet est évolutif et peut intégrer des sources de données ouvertes par d’autres institutions au gré de l’utilisateur.

Bravo à eux ! Bravo aux deux autres lauréats : Scan-Rc2C et Jobos.

Bravo à l’équipe Hackathon et Saumon qui ont bien mérité leur mention spéciale : le plus important c’est d’apprendre.

Bravo et merci encore à l’ensemble de nos 10 équipes dont les prototypes sont tous très intéressants. Tous sous licence open source, ils seront utiles à bien d’autres collectivités pour mener à bien leurs projets.

La Ville souhaite donc bonne continuation à tous avec l’envie de travailler avec chacun d’entre eux au service de tous !